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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 10:24

 http://emblemes.free.fr/site/images/stories/photos-journal/drapeau-france2.jpg  Allégeance : « obligation de fidélité, d'obéissance à une nation ; soumission », dixit un ami de longue date, le petit Robert. Rien à voir donc avec le verbe « alléger » : on peut alléger une vinaigrette, une valise ou même une phrase, mais avec l’allégeance aux armes, on n'allège pas la démocratie, au contraire, on l'alourdit d'un boulet supplémentaire qui, tel l'Albatros de Baudelaire, l'empêchera de marcher, d'avancer, de progresser …

Petit rappel historique : avec la révolution de 1789, les Français deviennent « citoyens » au lieu de « sujets » du roi, c'est à dire qu'ils acquièrent - par la force des armes et le symbole du mot - leur liberté de conscience et de pensée . Enfin, les Français sont considérés comme des individus à part entière et non plus comme des objets soumis à la bonne ou mauvaise volonté d'un souverain.

Avec sa proposition d'un serment d'allégeance à la nation, Monsieur Copé nie plus de 200 ans d'Histoire Française et nous offre un « retour vers le futur » proche du thriller car, avec l'allégeance, se pointent le patriotisme, la propagande, l'embrigadement et la vassalité... Cette nouvelle idée pas neuve de l'UMP pour nous divertir de la crise et surtout des affaires qui entourent actuellement le pouvoir, a comme un arrière-goût déplaisant de « travail, famille, patrie »...

Mais le pire dans cette histoire est encore que, selon un sondage ipsos-france soir, 62% des Français se déclarent pour ce serment d'allégeance ! Quand les masses acceptent, voire réclament, leur propre soumission, alors on peut considérer que l'on a atteint un point de non retour, celui de la dictature parfaite, silencieuse et pernicieuse.

 


 

Quant à moi, je préfère de loin l'Allégeance de René Char

à celle de François Copé :

 


Dans les rues de la ville il y a mon amour.

Peu importe où il va dans le temps divisé.

Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.

Il ne se souvient plus qui au juste l'aima.

Il cherche son pareil dans le voeu des regards.

L'espace qu'il parcourt est ma fidélité.

Il dessine l'espoir et léger l'éconduit.

Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.

A son insu, ma solitude est son trésor.

Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,

Ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour.

Peu importe où il va dans le temps divisé.

Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.

Il ne se souvient plus qui au juste l'aima

Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas.

 

Allégeance -  René Char

 

 

 

et la chanson que ce poème inspira à Adamo, Elle marche ...

 

 

 

 


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Published by carosof - dans actualité
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