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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 15:56

Cet extrait d'une nouvelle de Marguerite Duras s'inspire directement d'un fait divers. Un texte paru en 1987, hélas encore criant d'actualité.

 

 


C’était un jour d’été, il y a quelques années, dans un village de l’est de la France, trois ans peut-être, ou quatre ans, l’après-midi. Un employé des Eaux est venu couper l’eau chez des gens qui étaient un peu à part, un peu différents des autres, disons, arriérés. Ils habitaient une gare désaffectée –le T.G.V. passait dans la région- que la commune leur avait laissé. L’homme faisait des petits travaux chez les gens du village. Et ils devaient avoir des secours de la mairie. Ils avaient deux enfants, de quatre ans et d’un an et demi.
Devant leur maison, très près, passait cette ligne du T.G.V. C’étaient des gens qui ne pouvaient pas payer leur note de gaz ni d’électricité, ni d’eau. Ils vivaient dans une grande pauvreté. Et un jour, un homme est venu pour couper l’eau dans la gare qu’ils habitaient. Il a vu la femme, silencieuse. Le mari n’était pas là. La femme un peu arriérée avec un enfant de quatre ans et un petit enfant d’un an et demi. L’employé était un homme apparemment comme tous les hommes. Cet homme je l’ai appelé le Coupeur d’eau. Il a vu que c’était le plein été. Il savait que c’était un été très chaud puisqu’il le vivait. Il a vu l’enfant d’un an et demi. On lui avait ordonné de couper l’eau, il l’a fait. Il a respecté son emploi du temps : il a coupé l’eau. Il a laissé la femme sans eau aucune pour baigner les enfants, pour leur donner à boire.
Le soir même, cette femme et son mari ont pris les deux enfants avec eux et sont allés se coucher sur les rails du T.G.V. qui passait devant la gare désaffectée. Ils sont morts ensemble. Cent mètres à faire. Se coucher. Faire tenir les enfants tranquilles. Les endormir peut-être avec des chansons.
Voilà, c’est ça l’histoire.
L’employé a parlé. Il a dit qu’il était venu couper l’eau. Il n’a pas dit qu’il avait vu l’enfant, que l’enfant était là avec sa mère. Il a dit qu’elle ne s’était pas défendue, qu’elle ne lui avait pas demandé de laisser l’eau. C’est ça qu’on sait.


Le Coupeur d’eau - Marguerite Duras.
Extrait du recueil de nouvelles : « La Vie matérielle » -  © P.O.L. éditeur 1987.

 

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 19:08

 

« …Un homme se marie :
Par Ambition…cela est bien connu ;
Par Bonté, pour arracher une fille à la tyrannie de sa mère ;
Par Colère, pour déshériter ses collatéraux ;
Par Dédain d’une maîtresse infidèle ;
Par Ennui de la délicieuse vie de garçon ;
Par Folie, c’en est toujours une ;
Par Gageure, c’est le cas de Lord Byron ;
Par Honneur, comme Georges Dandin ;
Par Intérêt, mais c’est presque toujours ainsi ;
Par Jeunesse, au sortir du collège, en étourdi ;
Par Laideur, en craignant de manquer de femme un jour ;
Par Machiavélisme, pour hériter promptement d’une vieille ;
Par Nécessité, pour donner un état à notre fils ;
Par Obligation, la demoiselle ayant été faible ;
Par Passion, pour s’en guérir plus sûrement ;
Par Querelle, pour finir un procès ;
Par Reconnaissance, c’est donner plus qu’on a reçu ;
Par Sagesse, cela arrive encore aux doctrinaires ;
Par Testament, quand un oncle mort vous grève son héritage d’une fille à épouser ;
Par Usage, à l’imitation des aïeux ;
Par Vieillesse, pour faire une fin ;
(Le X manque, et peut-être est-ce à cause de son peu d’emploi comme tête de mot qu’on l’a pris pour signe de l’inconnu.)
Par Yatidi, qui est l’heure de se coucher et en signifie tous les besoins chez lesTurcs ;
Par Zèle, comme le Duc de Saint-Aignan qui ne voulait pas commettre de péchés. »

 

Honoré de Balzac - Physiologie du mariage

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 21:05

Jaloux du bonheur des hommes, « les voisins du dessous »,  Dieu a décidé de leur pourrir la vie … Saint Pierre lui donne des idées.

 

«     - Pourquoi vous ne créez pas une chaîne de télévision spécialement pour les voisins du dessous ?

-        Vous voulez dire une télévision à cochons ?

-        Exactement, et sans confiture.

-        C’est une idée. Qu’est-ce qu’on mettrait dedans ?

-        Je ne sais pas, faut y réfléchir.

-        Beaucoup de démago

-        Un peu de porno

-        Des couleurs fluo

-        De la musique disco

-        Des jeux videos avec des gros lots

-        Qu’on fait présenter par des camelots

-        On a oublié la pub à gogo

-        C’est vrai, pour remplir les cerveaux 

Dieu venait d’inventer TF1. »

 

Satané Dieu, Jean-Louis Fournier

 

 

 

 


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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 07:31

islande (245)

 

 

Le temps haletant


 

Emerveillée de tout ne s'étonnant jamais de rien

Une fillette chantait

Suivant les saisons suivant son chemin

 

Quand les oignons me feront rire

Les carottes me feront pleurer

L’âne de l'alphabet a su m'apprendre à lire                            

À lire pour de vrai

 

Mais une manivelle a défait le printemps

Et des morceaux de glace lui ont sauté à la figure

 

J'ai trop de larmes pour pleurer

Ils font la guerre à la nature

Moi qui tutoyais le soleil

Je n'ose plus le regarder en face.


 

Jacques Prévert

 


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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 12:55

une courte nouvelle à chute comme je les aime ...

à savourer !

 

Cauchemar en jaune

 

Il fut tiré du sommeil par la sonnerie du réveil, mais resta couché un bon moment après l'avoir fait taire, à penser une dernière fois aux plans qu'il avait établis pour un détournement de fonds dans la journée et un assassinat le soir. Il n'avait négligé aucun détail, il en était au stade de la récapitulation finale. À vingt heures quarante-six, il serait libre, dans tous les sens du mot. Il avait fixé ce moment parce qu'aujourd'hui il allait fêter son quarantième anniversaire et que c'était l'heure exacte de sa naissance. Sa mère, passionnée d'astrologie, lui avait souvent rappelé la minute précise de sa naissance. Lui-même n'était pas superstitieux, mais cela flattait son sens de l'humour de commencer sa nouvelle vie à quarante ans, à une minute près. De toute façon, le temps travaillait contre lui. Homme de loi spécialisé dans les affaires immobilières, il voyait de très grosses sommes passer entre ses mains; une partie y restait. Un an auparavant, il avait « emprunté » cinq mille dollars, pour les placer dans une affaire sûre, qui allait doubler ou tripler la mise, mais il perdit la totalité. Il « emprunta » un nouveau capital, pour diverses spéculations, et rattraper sa perte initiale. Et il avait maintenant environ trente mille dollars de retard ; le trou ne pouvait guère être dissimulé plus de quelques mois et il n'avait pas le moindre espoir de le combler en si peu de temps. Il avait donc résolu de collecter le maximum d'argent liquide sans éveiller les soupçons, en vendant diverses propriétés. Dans l'après-midi il disposerait de plus de cent mille dollars, plus qu'il ne lui en fallait jusqu'à la fin de ses jours. Et jamais il ne serait pris. Son départ, sa destination, sa nouvelle identité, tout était prévu et fignolé, il n'avait négligé aucun détail. Il y travaillait depuis des mois. Sa décision de tuer sa femme, il l'avait prise un peu après. Le mobile était simple : il la détestait. Mais c'est seulement après avoir pris la résolution de ne jamais aller en prison, de se suicider s'il était pris, que l'idée lui était venue : puisque de toute façon il mourrait s'il était pris, il n'avait rien à perdre en laissant derrière lui une femme morte au lieu d'une femme en vie. Il avait eu beaucoup de mal à ne pas éclater de rire devant le choix du cadeau d'anniversaire qu'elle lui avait fait (la veille, avec vingt-quatre heures d'avance) : une belle valise toute neuve. Elle l'avait aussi amené à accepter de fêter son anniversaire en allant dîner en ville, à sept heures. Il y avait peu de chances qu'elle se doutât de ce qu'il avait préparé pour la suite de la soirée. Il la ramènerait à la maison avant vingt heures quarante-six et satisferait son goût pour les choses bien faites en se rendant veuf à la minute précise. Il y avait aussi un avantage pratique à la laisser morte : s'il l'abandonnait vivante et endormie, elle comprendrait ce qui s'était passé et alerterait la police en constatant, au matin, qu'il était parti. S'il la laissait morte, le cadavre ne serait pas trouvé avant deux ou trois jours, ce qui assurerait une avance bien plus confortable.

À son bureau, tout se passa à merveille ; quand l'heure fut venue d'aller retrouver sa femme, tout était paré. Mais elle traîna devant les cocktails et traîna encore au restaurant ; il en vint à se demander avec inquiétude s'il arriverait à la ramener à la maison avant vingt heures quarante-six. C'était ridicule, il le savait bien, mais il avait fini par attacher une grande importance au fait qu'il voulait être libre à ce moment-là et non une minute avant ou une minute après. Il gardait l'œil sur sa montre. Attendre d'être entrés dans la maison l'aurait mis en retard de trente secondes. Mais sous la véranda, dans l'obscurité, il n'y avait aucun danger ; il ne risquait rien, pas plus qu'à l'intérieur de la maison. Il abattit la matraque de toutes ses forces, pendant qu'elle attendait qu'il sorte sa clé pour ouvrir la porte. Il la rattrapa avant qu'elle ne tombe et parvint à la maintenir debout, tout en ouvrant la porte de l'autre main et en la refermant de l'intérieur. Il posa alors le doigt sur l'interrupteur et une lumière jaunâtre envahit la pièce. Avant qu'ils aient pu voir que sa femme était morte et qu'il maintenait le cadavre d'un bras, tous les invités de la soirée d'anniversaire hurlèrent d'une seule voix : « Surprise ! »

 

Fredric BROWN,

« Cauchemar en jaune », dans Fantômes et farfafouilles

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 15:22

Un petit poème de saison ...

 

terril-burbure-041.JPG

 

 

La Dernière Feuille


Dans la forêt chauve et rouillée
Il ne reste plus au rameau
Qu’une pauvre feuille oubliée,
Rien qu’une feuille et qu’un oiseau.

Il ne reste plus dans mon âme
Qu’un seul amour pour y chanter,
Mais le vent d’automne qui brame                                                        
Ne permet pas de l’écouter.

L’oiseau s’en va, la feuille tombe,
L’amour s’éteint, car c’est l’hiver.
Petit oiseau, viens sur ma tombe
Chanter, quand l’arbre sera vert !

Théophile Gautier

 


 

terril burbure 071

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 10:49

Quand je ne dis rien, c'est très bon signe: ça veut dire que je suis intimidé. Quand je suis intimidé, c'est très bon signe: ça veut dire que je suis troublé. Quand je suis troublé, c'est très bon signe: ça veut dire que je tombe amoureux. Et quand je tombe amoureux, c'est très mauvais signe.

 

Frédéric Beigbeder, 14,99€

 

 


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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:02

Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre          
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
http://img.over-blog.com/473x599/0/16/41/86/aap/gravure-1614484.jpg
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens !

Gérard de NERVAL (1808-1855)
Odelettes

 

 

 

 

 

 

 

  Ce très beau poème de Nerval a inspiré cette non moins belle chanson de Romain Didier...

 


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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 19:28

Ce poème n'est pas de moi, j'en ignore l'auteur car je l'ai trouvé en exergue d'un roman dont j'ai même oublié le titre... Cependant je le trouve tellement juste que je l'affiche toujours sur la porte de ma salle de classe. Tous les élèves devraient le connaître par coeur !

 

 

« Heureux le papillon qui, libre dans l’air, vole !


Disait un écolier ennuyé de l’école.


Sans trêve et sans repos travailler, travailler :


Voilà mon sort à moi, malheureux prisonnier ! »


Et s’adressant au ver à soie :


« Comment peux-tu filer toi-même ta prison ? »


L’insecte répondit :  « J’y travaille avec joie ,


Car j’en sors papillon. »

 

 

 

 

http://www.cranemou.com/wp-content/uploads/2011/02/doisneau-ecolier-214x300.jpg photo de Doisneau

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 06:36

Une nouvelle à chute que j'aime beaucoup ....

 

 

 

Une méchante petite fille


 

    Cet après-midi, j’ai poussé Arthur dans le bassin. Il est tombé et il s’est mis à faire glou glou avec sa bouche, mais il criait aussi et on l’a entendu. Papa et maman sont arrivés en courant. Maman pleurait parce qu’elle croyait qu’Arthur était noyé. Il ne l’était pas. Le docteur est venu. Arthur va très bien maintenant. Il a demandé du gâteau à la confiture et maman lui en a donné. Pourtant, il était sept heures, presque l’heure de se coucher quand il a réclamé ce gâteau et maman lui en a donné quand même. Arthur était très content et très fier. Tout le monde lui posait des questions. Maman lui a demandé comment il avait fait pour tomber, s’il avait glissé et Arthur a dit que oui, qu’il avait trébuché. C’est chic à lui d’avoir dit ça, mais je lui en veux quand même et je recommencerai à la première occasion.

 

    D’ailleurs, s’il n’a pas dit que je l’avais poussé, c’est peut-être tout simplement parce qu’il sait très bien que maman a horreur des rapportages. L’autre jour, quand je lui avais serré le cou avec la corde à sauter et qu’il est allé se plaindre à maman en disant : « C’est Hélène qui m’a serré comme ça », maman lui a donné une fessée terrible et elle lui a dit : « Ne fais plus jamais un chose pareille ! » Et quand papa est rentré, elle lui a raconté et papa s’est mis lui aussi très en colère. Arthur a été privé de dessert. Alors il a compris et, cette fois, comme il n’a rien dit, on lui a donné du gâteau à la confiture : j’en ai demandé aussi à maman, trois fois, mais elle a fait semblant de ne pas m’entendre. Est-ce qu’elle se doute que c’est moi qui ai poussé Arthur?

 

    Avant, j’étais gentille avec Arthur, parce que maman et papa me gâtaient autant que lui. Quand il avait une auto neuve, j’avais une poupée et on ne lui aurait pas donné de gâteau sans m’en donner. Mais, depuis un mois, papa et maman ont complètement changé avec moi. Il n’y en a plus que pour Arthur. On lui fait des cadeaux sans arrêt. Ca n’arrange pas son caractère. Il a toujours été un peu capricieux, mais maintenant il est odieux. Sans arrêt en train de demander ci ou ça. Et maman cède  presque toujours. Vraiment, en un mois, je crois qu’ils ne l’ont grondé que le jour de la corde à sauter et ça, c’est drôle, puisque pour une fois, ce n’était pas sa faute ! Je me demande pourquoi papa et maman, qui m’aimaient tant, ont cessé tout à coup de s’intéresser à moi. On dirait que je ne suis plus leur petite fille. Quand j’embrasse maman, elle ne sourit même pas. Papa non plus. Lorsqu’ils vont se promener, je vais avec eux, mais ils continuent à ne pas s’occuper de moi. Je peux jouer près du bassin tant que je veux, ça leur est égal. Il n’y a qu’Arthur qui soit gentil de temps en temps, mais souvent il refuse de jouer avec moi. Je lui ai demandé l’autre jour pourquoi maman était devenu comme ça avec moi. Je ne voulais pas lui en parler, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Il m’a regardée par en dessous, avec cet air sournois qu’il prend exprès pour me faire enrager, et il m’a dit que c’était parce  que maman ne voulait plus entendre parler de moi. Je lui ai dit que ce n’était pas vrai. Il m’a dit que si, qu’il avait entendu maman le dire à papa et qu’elle avait même dit : « Plus jamais, je ne veux plus jamais entendre parler d’elle! »

 

    C’est ce jour là que je lui ai serré le cou avec la corde. Après ça, j’étais tellement furieuse, malgré la fessée qu’il avait reçue, que je suis allée dans sa chambre et que je lui ai dit que je le tuerais.

 

    Cet après-midi, il m’a dit que maman, papa et lui allaient partir au bord de la mer et qu’on ne m’emmenait pas. Et il a ri et il m’a fait des grimaces. Alors, je l’ai poussé dans le bassin.

 

    Il dort maintenant et papa et maman dorment de leur côté. Dans un moment, j’irai dans sa chambre et cette fois, il n’aura pas le temps de crier, j’ai la corde à sauter. Il l’a oubliée dans le jardin et je l’ai ramassée.

 

    Comme ça, ils seront obligés de partir sans lui. Et après, j’irai me coucher toute seule, au fond de ce vilain jardin, dans cette horrible boîte blanche où ils me font dormir depuis un mois.

 

 

Jehanne JEAN-CHARLES, Les plumes du corbeau et autres nouvelles cruelles,

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